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La fenêtre / paroi vitrée coulissante horizontale au XXe siècle

une longue évolution technique et architecturale

Les innovations relativement récentes dans la fabrication du verre décrites dans le chapitre précédent font partie d’un long processus d’évolution technologique et architecturale qui traverse toute l’histoire du 20ème siècle.⁶

The ‘fenêtre en longueur’

La structure en béton armé « poteaux-poutres-dalles », popularisée dès les premières décennies du siècle, a décomposé le mur de façade traditionnel en le remplaçant par des structures légères et flexibles. Cette innovation a ouvert la voie à une nouvelle transparence entre l’espace intérieur et l’espace extérieur, entraînant ainsi une transformation radicale de la conception du châssis et de la notion même de l’ouverture. Par ailleurs, cette période coïncide avec l’industrialisation de la fabrication du verre – stimulée par le marché des vitrines commerciales, qui exigeait des surfaces vitrées toujours plus vastes et plus transparentes – faisant finalement du verre un produit standardisé et accessible.

Au début du XXᵉ siècle, l’industrialisation du verre plat⁷ reposait principalement sur deux méthodes : le verre plat laminé et le verre plat étiré. La première méthode consistait à presser le verre en fusion à l’aide de rouleaux jusqu’à obtention de l’épaisseur désirée⁸. Ce procédé permettait de produire facilement du verre translucide, mais pour obtenir un verre véritablement transparent, il était nécessaire de meuler et polir les faces des plaques. La seconde méthode, celle du verre plat étiré – ou procédé Fourcault⁹ – consistait à produire un ruban continu de verre tiré verticalement en le remontant à travers des rouleaux tubulaires refroidis depuis le puits. Malgré une finition de surface correcte, ce type de verre présentait des limitations en termes de dimensions et affichait inévitablement une surface ondulée ou striée. Les deux méthodes furent perfectionnées dans les années 1920, consolidant ainsi le développement du Mouvement Moderne. Dans le cas du verre plat laminé, Pilkington mit au point en 1925 un système garantissant un approvisionnement et une finition continus.

La technique du verre plat étiré a été perfectionnée par les procédés Libbey-Owens et Pittsburgh qui, à partir de 1925, ont permis des dimensions de fabrication plus importantes ainsi qu’une plus grande homogénéité thermique et d’épaisseur.¹⁰

Ainsi, une fois dépassée la limite dimensionnelle imposée par le linteau et perfectionnée la technique du verre plat, les conditions étaient réunies pour que les surfaces vitrées puissent s’étendre sur toute la largeur de la façade, à l’instar de la « fenêtre en longueur » de Le Corbusier. La fenêtre panoramique à vantaux coulissants devint ainsi une icône de l’architecture moderne :

« Le verre plat remplace les vitres. Les vantaux coulissent horizontalement, sans être gênés par les accessoires encombrants des fenêtres à guillotine. Ils rendent possible la fenêtre en longueur, source d’un motif architectural d’une grande importance. »¹¹

La fenêtre horizontale, codifiée dans Les Cinq points d’une architecture nouvelle (conséquence des techniques modernes) (1926-27), s’opposait à la traditionnelle porte-fenêtre ou fenêtre en hauteur, donnant lieu dès 1923 à un vif débat avec Auguste Perret sur la forme appropriée de la fenêtre moderne et la réorganisation du champ visuel¹². L’objectif principal était de maximiser l’entrée de lumière naturelle¹³, mais aussi d’ouvrir le paysage¹⁴ : la fenêtre devenait alors un dispositif optique, un grand écran.

En supprimant la dépendance entre les ouvertures et la structure porteuse, le béton armé a rendu possible une façade entièrement constituée d’un châssis vitré continu : le « pan de verre ». Cette proposition, encore plus complexe et radicale, a donné naissance aux maisons de verre – qui incarnent une conception différente de l’intériorité, en maximisant la relation visuelle avec l’extérieur – ainsi qu’au mur-rideau¹⁵. Cette transfiguration formelle des bâtiments a entraîné la perte progressive de l’autonomie de la fenêtre, transformée en peau de la façade. Ou bien, le mur de façade lui-même se transformait en fenêtre¹⁶.

Flat drawn sheet glass production


Production de verre plat étiré (procédé Fourcault).
Extrait d’une publicité pour Union des Verreries Mécaniques Belges – Univerbel, La Maison, 1955, vol. 11, n°12. © Union des Verreries Mécaniques Belges

6. Pour une analyse de l’évolution du mur-rideau au cours du XXᵉ siècle, nous renvoyons aux textes suivants, auxquels le présent texte est redevable : le chapitre 3 de Iñaki Abalos et Juan Herreros, Tower and Office: From Modernist Theory to Contemporary Practice, Cambridge MA : MIT Press, 2003 (version originale : Iñaki Abalos, Juan Herreros, Tecnica y Arquitectura en la Ciudad Contemporanea, 1950-1990, Madrid : Nerea, 1992), ainsi que le chapitre I de Scott Murray, Contemporary Curtain Wall Architecture, New York : Princeton Architectural Press, 2009.
7. Le processus de verre plat a été breveté en 1848 par l’ingénieur britannique Henry Bessemer. Pour la première fois, un ruban continu de verre en plaque a été produit, formé entre des rouleaux, mais ce ne fut pas un succès commercial.
8. Ce processus a été inventé en 1906 par l’ingénieur belge Émile Fourcault. Indépendamment, Irving Colburn a développé une technique similaire aux États-Unis à peu près à la même époque.
9. Ce procédé a été inventé en 1906 par l’ingénieur belge Émile Fourcault. De manière indépendante, Irving Colburn développa une technique similaire aux États-Unis à peu près à la même époque.
10. Après l’invention et la diffusion généralisée du procédé float, et malgré sa qualité inférieure, le verre plat continuait d’être utilisé pendant la période post-Seconde Guerre mondiale jusqu’au milieu des années 1960.
11. Le Corbusier, “Bâtiment du vingtième siècle et vie du vingtième siècle”, The Studio Year Book on Decorative Art, Londres, 1930.
12. Voir à ce propos : Le Corbusier, Petite Contribution à l’étude d’une fenêtre moderne, dans Almanach d’Architecture Moderne, “Collection de l’Esprit Nouveau”, Paris : Éditions G. Crès, 1925, pp. 94-101 ; Bruno Reichlin : “Les avantages et les inconvénients des fenêtres horizontales : La controverse Perret-Le Corbusier”,
Daidalos 13, 15 septembre 1984, pp. 65-78 ; Beatriz Colomina : Privacy and Publicity : Modern Architecture as Mass Media, Cambridge : MIT Press, 1994.
13. “Grâce à l’utilisation de la fenêtre horizontale, le béton armé fournit soudain la possibilité d’un éclairage maximal.” Le Corbusier/Pierre Jeanneret, Cinq points vers une nouvelle architecture 1926. “L’architecture, c’est des planchers éclairés.” Le Corbusier, Précisions sur un état présent de l’architecture et de l’urbanisme, Paris, Éditions G. Crès, 1930, p. 53. Pour Le Corbusier, l’éclairage naturel était un facteur prépondérant, écrivant dès 1920, que “l’architecture est le jeu magistral, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière.” (“Trois rappels à Mm. les architectes,” dans L’Esprit
Nouveau, no. 1, octobre 1920, p. 92 ; inclus plus tard dans Vers une Architecture, Paris, G. Crès et C.ie, 1923, p. 16).
14. “Le paysage entre tout entier dans votre chambre.” François De Pierrelefeu, Le Corbusier : La Maison des hommes, Paris, Éditions Plon, 1942, p. 69.
15. Proposée dans les projets de gratte-ciel à Berlin de Mies van der Rohe (1919 et 1921) et dans les tours cruciformes de Le Corbusier (1920-22), elle fut
utilisée par Gropius sur la façade du Bauhaus à Dessau (1926) et adoptée depuis lors principalement dans les constructions de bureaux.
16. Le caractère anti-fenêtre – ou la fenêtre comprise comme « absence de murs » – des projets de Le Corbusier et de Mies dans les années 1920 et 1930 sert de contrepoint
au essai nostalgique de Venturi sur les fenêtres. Robert Venturi, “Windows–c. ‘65” dans Iconography and Electronics upon a Generic Architecture: A View from the Drafting Room, Cambridge, MIT Press, 1996, pp. 255-258.

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